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Mort de Jeanne Moreau, immense actrice

Jeanne Moreau est morte L’actrice Jeanne Moreau, incarnation du cinéma français et symbole du mouvement de La Nouvelle Vague dans les années 1960, est décédée le 31 juillet. Agée de 89 ans, elle a tourné avec les plus grands, et laisse derrière elle une carrière inégalable.

Jeanne Moreau est décédée ce 31 juillet à l’âge de 89 ans. Née le 23 janvier 1928 à Paris, elle est la fille d’un gérant de brasserie et d’une danseuse anglaise. Ses études secondaires terminées, elle commence à suivre des cours de théâtre donnés par Denis d’Inès, doyen de la Comédie Française, à l’insu de ses parents. Six mois plus tard, elle entre au Conservatoire de Paris. Elle débute sur les planches dans dans La terrasse de midi, au Festival d’Avignon de 1947. Deux ans plus tard, Jeanne Moreau se marie au réalisateur Jean-Louis Richard puis accouche d’un enfant, avant de divorcer en 1951.

A cette époque, elle joue avec Gérard Philippe dans Le Cid, avant de quitter la Comédie Française pour rejoindre le TNP (Théâtre national populaire) de Jean Vilar. Elle se fait remarquer par Orson Welles en jouant le rôle d’une prostituée dans Othello. Le cinéma commence à lui faire les yeux doux. Elle apparaît notamment dans un petit rôle de Touchez pas au grisbi de Jacques Becker (1953) avant de réellement percer dans deux films de Louis Malle : Ascenseur pour l’échafaud en 1957 et Les amants l’année suivante. Devenue une star, elle incarne la Mme de Merteuil des Liaisons dangereuses de Roger Vadim, avant d’apparaître dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut (1959).

En 1960, Jeanne Moreau créé la sensation au Festival de Cannes, où elle obtient le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Moderato cantabile de Peter Brook. Orson Welles l’engage sur Le Procès (1962), puis sur Falstaff et Une histoire immortelle (1968). Elle tourne alors pour les plus grands noms du cinéma : Michelangelo Antonioni (La nuit, 1961), Jean-Luc Godard (Une femme est une femme), Jacques Demy (La baie des anges), de nouveau Louis Malle (Le feu follet, Viva Maria !) et François Truffaut (La mariée était en noir, 1967), Marcel Ophüls (Peau de banane, 1964), Luis Bunuel (Le journal d’une femme de chambre) ou encore Jean Renoir et Philippe de Broca (Le plus vieux métier du monde, 1966, Chère Louise, 1972).

Le triomphe de Jules et Jim en 1962 ouvre de nouvelles portes à l’actrice, qui chante Le Tourbillon, chanson phare du film et succès de l’époque. Elle sortira plusieurs albums, dont deux sur des textes de Serge Rezvani, en 1963 et 1967. J’ai la mémoire qui flanche et Tout morose sont les titres les plus fameux.

Dans les années 1970, Jeanne Moreau poursuit sa carrière cinématographique sans fausse note, tournant avec Elia Kazan (Le dernier nabab, 1976), Bertrand Blier dans Les Valseuses, ou André Téchiné (Souvenirs d’en France) et Marguerite Duras (Nathalie Granger). Admirée de tous, et louée pour son professionnalisme et son amour du cinéma, l’actrice se lance un nouveau défi en 1975. Elle passe derrière la caméra pour réaliser son premier film, Lumière. Il sera suivi de L’Adolescente (1978) avec Francis Huster et Simone Signoret, puis le documentaire Lillian Gish en 1983. Côté vie privée, elle épouse en 1977 le réalisateur William Friedkin, avant de divorcer deux ans plus tard.

Jeanne Moreau se fait moins présente sur grand écran dans les années 1980. Elle tourne tout de même dans Le miraculé de Jean-Pierre Mocky, dévoilant des talents comiques peu exploités auparavant (1987). On la retrouve aussi sous la direction d’Henri Verneuil (Mille milliards de dollars, 1982), Michel Deville (Le paltroquet), Alain Attal puis Luc Besson dans Nikita en 1989.

 

Dans les années 1990, elle participe aux films de Théo Angelopoulos (Le Pas suspendu de la cigogne, 1991), Wim Wenders (Jusqu’au bout du monde), Michelangelo Antonioni (Par delà les nuages, 1995) ou encore Agnès Varda. En 1992, elle reçoit enfin un César pour La vieille qui marchait dans la mer, de Laurent Heynemann. Trois ans plus tard, l’actrice reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Puis en 1998, ce sont les Oscars qui saluent sa contribution à l’histoire du cinéma.

Parallèlement au cinéma, Jeanne Moreau tourne aussi pour la télévision, et en particulier pour Josée Dayan, qui la dirige dans pas moins de 10 téléfilms de prestige, dont Les misérables (2000), Les Rois maudits (2005) ou Bouquet final (2011). L’actrice ne perd pas de vue sa grande passion, le cinéma. Présidente du jury du Festival de Cannes par deux fois (1975 et 1995), elle participe activement depuis 2003 au festival Premiers Plans d’Angers, qui encourage les premières œuvres. En 2005, Jeanne Moreau créé son école de cinéma, Les Ateliers d’Angers, qui accueille de jeunes réalisateurs européens.

Dans les années 2000, l’actrice tourne aussi sous la direction d’Edouard Baer dans Akoibon, de François Ozon dans Le temps qui reste (2005) ou encore d’Amos Gitai en 2007 et 2009. Elle reçoit un nouveau César d’honneur en 2008, qu’elle dédie à l’équipe du film La naissance des pieuvres. En 2012, elle joue encore dans les films du réalisateur centenaire Manoel De Oliveira dans Gebo et l’ombre, puis dans Une Estonienne à Paris de Ilmar Raag. On l’a vue aussi récemment dans un petit rôle dans Le Talent de mes amis d’Alex Lutz, sorti en 2015.

Outre Jean-Louis Richard, Jeanne Moreau a été mariée au réalisateur américain William Friedkin, à qui l’on doit L’Exorciste et French Connection. L’actrice à la voix chaude et grave inimitable s’est finalement éteinte à l’âge de 89 ans, laissant derrière elle un héritage d’une richesse inouïe, qui faisait d’elle « la meilleure actrice au monde » selon les propres mots d’Orson Welles.

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